Au revoir là-haut

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l'un dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l'entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire…

Comédie dramatique d’Albert Dupontel

Avec Nahuel Perez Biscayart, Albert Dupontel

France, 1h57

dimanche 26 novembre - 17h

mardi 28 novembre - 18h30

mardi 28 novembre - 20h45

Le roman de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013, n'était pas facile à adapter, à la fois par son ampleur, par son ambition et par sa densité. Albert Dupontel y réussit brillamment. Non seulement il rassemble tous les fils de l'intrigue (en modifiant la fin), mais il reconstitue le décor social de l'époque avec brio. La mise en scène, très sophistiquée (emploi de drones, travellings incroyables), permet des envolées lyriques dans les rues d'un Paris disparu et des scènes bouleversantes – comme celle du cheval enfoui sous la terre soulevée par un obus allemand.

Albert Dupontel, brave homme consumé par la reconnaissance (son ami l'a sauvé), tient le rôle principal avec une évidente empathie. Mais c'est le personnage de Péricourt, joué par l'Argentin Nahuel Pérez Biscayart (qu'on a vu dans "120 Battements par minute"), qui est central : masqué, dissimulé, il marque, par sa présence ardente, tout le film. Ainsi, d'un simple geste – un index qui modifie la bouche dessinée sur l'un des masques créés pour cacher la hideuse blessure de son visage –, il réussit à changer l'atmosphère d'une scène importante. Quelque part entre le mélo et la comédie amère, le film trouve un équilibre parfait.

François Forestier, Le Nouvel Observateur