De chaque instant

Chaque année, elles sont des dizaines de milliers à se lancer dans les études qui leur permettront de devenir infirmières. Ce film retrace les hauts et les bas d’un apprentissage qui va les confronter très tôt, souvent très jeunes, à la fragilité humaine, à la souffrance, à la maladie, et aux fêlures des âmes et des corps.

Documentaire de Nicolas Philibert

France, 1h45

mercredi 19 septembre - 17h

vendredi 21 septembre - 20h30

samedi 22 septembre - 18h30

mardi 25 septembre - 20h30

Nicolas Philibert y fait preuve de cette justesse de regard, mélange d’extrême attention et de tact, qui caractérise son art, exempt de lyrisme, mais pas d’humour ni d’émotion. C’est le cas dans cette scène singulière, l’une des plus simples et des plus belles, la seule tournée en extérieur, qui suit la conversation d’un stagiaire avec une femme qu’on imagine atteinte de troubles psychiatriques. Il est assis à côté d’elle, s’inquiète de savoir si elle a froid, ramasse sur le sol le tabac qu’elle a laissé s’échapper de ses mains, l’écoute fredonner une chanson de Françoise Hardy qu’il ne connaît pas. L’ascendant naturel du soignant sur le patient s’efface au profit d’un simple échange, attentif et doux, entre deux êtres fragiles, au cours duquel le jeune homme n’hésite pas à confier à cette femme qu’elle a beaucoup à lui apprendre. On pense, alors, que Nicolas Philibert pourrait adresser les mêmes mots à toutes les personnes qu’il filme. 

François Ekchajzer, Télérama