La Douleur

Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée entre l'angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. 

Drame d’Emmanuel Finkiel

Avec Mélanie Thierry, Benoît Magimel, Benjamin Biolay

Drame, 2h06

vendredi 23 février - 18h30

samedi 24 février - 20h30

dimanche 25 février - 17h

mardi 27 février - 20h30

L’adaptation d’Emmanuel Finkiel est exemplaire. Qu’il explicite le propos de Duras dans une réplique cinglante de Mascolo à Marguerite : « A qui êtes-vous le plus attachée ? A Robert Antelme ou à votre douleur ? » Qu’il mette en avant le sort des Juifs, évoqué en filigrane dans le livre, en développant le beau personnage de Mme Katz (lire ci-dessous). Ou qu’il refuse de filmer la « résurrection » de Robert Antelme, longuement chroniquée par Duras dans les dernières pages de La Douleur avec force détails insoutenables, inmontrables. A son retour à Paris, on devine juste, au loin, le corps du mort-vivant, à bout de forces dans les bras de ses compagnons, tel que l’aperçoit Marguerite à travers les rideaux de sa fenêtre. Et dans la dernière séquence, en plein soleil sur une plage d’Italie, il n’est plus qu’une silhouette fantomatique à la Giacometti, une figure quasi abstraite qui se détache dans le contre-jour. Emmanuel Finkiel laisse le dernier mot à Duras : « Je savais qu’il savait, qu’il savait qu’à chaque heure de chaque jour, je le pensais : “Il n’est pas mort au camp de concentration.” »

Samuel Douhaire, Télérama