Faute d'amour (vo)

Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et préparent déjà leur avenir respectif. Aucun des deux ne semble avoir d'intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu'à ce qu'il disparaisse.

Drame d’Andrey Zvyagintsev

Avec Alexey Rozin, Maryana Spivak

Russe, 2h08

mercredi 18 octobre - 17h

samedi 21 octobre - 18h30

mardi 24 octobre - 20h30

Apparemment, le film ne parle que de la Russie. Ce magnifique et improbable pays où le peuple semble avoir remplacé Pouchkine par Poutine, où l’Etat règne avec une Eglise aux ordres, où un grand industriel peut se permettre de n’engager que des orthodoxes dûment baptisés et pratiquants, qu’il vire le jour où ils songent à divorcer… Mais le propos d’Andreï Zviaguintsev se veut, cette fois, plus universel. C’est l’« anamour » général qu’il débusque en épiant ces gens tout juste vivants à qui leur égoïsme sert de philosophie et de justification. Car enfin, s’ils n’aiment personne, c’est parce que nul ne les a aimés. Et s’ils ne donnent rien, c’est qu’ils n’ont rien reçu. Piètre excuse : de longues minutes, il filme, avec un effroi visible, un face-à-face terrifiant entre une mère et sa fille qui ferait passer, dans Sonate d’automne, l’affrontement entre Ingrid Bergman et Liv Ullmann pour une aimable bluette. On a rarement vu à l’écran une crudité aussi embarrassante, un désespoir aussi profond.

Pierre Murat, Télérama