L'Échange des princesses

1721. Une idée audacieuse germe dans la tête de Philippe d’Orléans, Régent de France… Louis XV, 11 ans, va bientôt devenir Roi et un échange de princesses permettrait de consolider la paix avec l’Espagne, après des années de guerre qui ont laissé les deux royaumes exsangues.
Il marie donc sa fille, Mlle de Montpensier, 12 ans, à l’héritier du trône d’Espagne, et Louis XV doit épouser l’Infante d’Espagne, Anna Maria Victoria, âgée de 4 ans.

Drame historique de Marc Dugain

Avec Lambert Wilson, Olivier Gourmet

France, 1h40

vendredi 26 janvier - 18h30

samedi 27 janvier - 20h30

dimanche 28 janvier - 17h

C’est cet « échange des princesses », rappelé par Chantal Thomas dans son livre, que filme Marc Dugain avec une sorte de fascination perverse. On connaît son goût pour les complots et les manipulations. Pour les familles, aussi : ces clans politiques insensés, chez qui l’ambition le dispute à la dépravation, et qu’il a notamment évoqués dans son roman Ils vont tuer Robert Kennedy. On sent sa jubilation à saisir, ici, en quelques plans, des grotesques grandioses. Philippe V d’Espagne (Lambert Wilson), épouvanté par son passé de guerrier sanguinaire qu’il tente d’effacer par une foi hystérique. Son fils (Kacey Mottet-Klein) plus touchant certes, parce qu’écrasé, paumé, déjà fichu. A force d’attendre l’âme sœur censée le sauver de lui-même, ce dernier finit par ressembler fâcheusement au prince russe dégénéré qui servait d’époux à Catherine II — Marlene Dietrich dans L’Impératrice rouge, de Josef von Sternberg.

Pierre Murat, Télérama