Petit paysan

Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. 

Drame de Hubert Charuel

Avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau

France, 1h30

mercredi 27 septembre - 17h

lundi 2 octobre - 20h30

mardi 3 octobre - 18h30

Hubert Charuel sait de quoi il parle : fils de paysans, il a tourné son film dans la ferme de ses parents, eux-mêmes éleveurs (ils jouent dans le film, ainsi que son grand-père). Petit paysan transpire l’authenticité, mais le point de vue du cinéaste s’affranchit allègrement d’un quelconque souci de « rendre hommage », piège tendu à tous ceux qui, caméra au poing, s’en vont filmer un monde trop proche d’eux, trop chargé d’affects. Le récit du quotidien de Pierre (Swann Arlaud, formidable révélation, d’une belle justesse dans tous les registres, du naturalisme pur à la psychose déréalisée) s’inscrit dans la droite lignée du geste documentaire de Raymond Depardon, dont les Profils paysans forment une sorte de matrice incontournable de la représentation cinématographique du monde paysan en France. Mais si le souci de crédibilité vise à inscrire le personnage de Pierre dans une représentation concrète et charnelle de ce monde trop souvent lissé et simplifié à l’écran, c’est pour mieux s’en éloigner plus tard. Pierre est éleveur, mais c’est un garçon de son époque.

Fabien Reyre, Critikat.com