La Prière

Thomas a 22 ans. Pour sortir de la dépendance, il rejoint une communauté isolée dans la montagne tenue par d’anciens drogués qui se soignent par la prière. Il va y découvrir l’amitié, la règle, le travail, l’amour et la foi…

Drame de Cédric Kahn

Avec Anthony Bajon, Damien Chapelle

France, 1h47

mercredi 18 avril - 17h

vendredi 20 avril - 21h

samedi 21 avril - 18h30

dimanche 22 avril - 17h

mardi 24 avril - 18h30

Moins un film sur la foi que sur la fraternité

Tout ce qui suit — la foi soudaine et brûlante de Thomas, sa brusque résolution d’entrer dans les ordres — est à la fois essentielle et dérisoire. Tout en l’observant avec une attention à laquelle se mêle une imperceptible ironie, le réalisateur laisse son héros se débrouiller avec ses convictions, ses hésitations et ses illusions. L’important, pour Cédric Kahn, pourrait se résumer à la dernière phrase dePickpocket, de Robert Bresson : « Oh, Jeanne, pour aller jusqu’à toi, quel drôle de chemin il m’a fallu prendre. » Et le chemin, ici, c’est le rituel. La Prière repose sur les mots, les chants, les gestes, répétés à satiété, qui finissent par libérer ceux qui s’en croyaient prisonniers. C’est moins un film sur la foi que sur la fraternité. Et c’est bien ce qui rend déchirants les adieux de Thomas, en partance vers son destin, à ses compagnons d’infortune, réunis pour lui souhaiter bonne route. A commencer par son « ange gardien ». Les deux jeunes gens s’étreignent longuement, et on devine Pierre un instant accablé de n’avoir pas encore acquis, lui, la force qu’il a su transmettre à l’autre. Mais la vie n’est jamais juste. La foi, non plus.

Pierre Murat, Télérama